8 juin 2006 - Un avion en pleine nuit réveille 50 000 personnes à Genève - Article paru dans la Tribune de Genève.

Un avion en pleine nuit réveille 50 000 personnes à Genève Dr. Georges Ryser, Président de l’Association française des riverains de l’aéroport de Genève. Publié le 08 juin 2006 - Tribune de Genève Ayons en cette veille de la journée contre le bruit des aéroports une pensée compatissante pour ceux qui sont devenus sourds. Ayons aussi une réflexion sur ce que pouvait bien être l'environnement sonore de nos ancêtres. Qu'avons-nous perdu et qu'avons-nous gagné dans ce domaine? En tant que riverain de l'aéroport international de Genève (AIGU) depuis plus de 30 ans, je me sens agressé par le bruit généré par le trafic aérien et cela de plus en plus. De par le monde, il existe des milliers d'aéroports et des millions de riverains excédés. Des centaines d'associations de riverains se sont créées en conséquence. Le bruit est la première raison de déménager pour 31% des ménages. Devant les dégâts causés à la santé par le bruit aérien, l'OMS s'en est préoccupé et a établi des règles ou des directives à l'usage des exploitants d'aéroport. Mais voilà, la direction de l'AIG ne les suit pas ou si peu, en autre parce que le gouvernement soi-disant écologique de Genève ne l'impose pas, comme du reste l'OFAC (Office fédéral de l'aviation civile). Voir www.who.int/docstore/peh/noise/bruit.htm

Donc Genève continue son laisser-faire et l'aéroport à polluer l'environnement, au pire depuis 5 h du matin et ceci non-stop jusqu'à 1 h, Donc, 20 h d'exploitation pour l'AIG et 4 h de sommeil pour les riverains, au mieux 5 h 1/2. Mais en plus, il y a encore à Genève, environ 160 exceptions par an au milieu de la nuit. Et tout ce trafic nocturne ne fait que d'augmenter années après années à la grande satisfaction des autorités et au désespoir des riverains. Tant pis pour ceux-ci! Ils n'ont qu'à fermer leurs fenêtres antibruit et le reste ou se mettre des boules Quiès dans les oreilles! Pourtant on estime qu'un avion en pleine nuit réveille 50 000 personnes à Genève. Donc, grâce à l'aéroport, la population riveraine à Genève est maintenant de plus en plus stressée et agressée jour et nuit. Où va nous conduire ce monde de fous bruyants si rien ne le freine? Le transport aérien, par rapport au nombre de passagers transportés est le plus polluant pour la planète (CO, CO2, oxyde d'azote, suies en suspension, hydrocarbures imbrûlés, vapeur d'eau dans la haute atmosphère, ozone) et le plus bruyant. A ce prix écologique, comment justifier les «low costs»? Il faut réagir. Il faut du bon sens. Il faut respecter les normes de l'OMS et les imposer avant que tout le monde ne devienne fou, sourd ou malade. Que font les autorités, les élus, les politiques et les partis? tous vendus à l'affairisme de l'aéroport? Les riverains sacrifiés au profit de l'emploi? Il faut chasser le bruit, interdire les vols nocturnes, imposer des trajectoires plus respectueuses des riverains. Voilà un programme politique enthousiasmant pour améliorer durablement le cadre de vie au XXIè siècle.

Eliminons les excès et les abus du XXe siècle. Les différentes associations de riverains à Genève, l'AFRAG, l'AGCNA, l'ARAG, puis l'ATCR ont fait recours en 2001 contre le renouvellement pour 50 ans du règlement d'exploitation de l'aéroport accordé par l'OFAC et le Département de l'énergie, des transports, de l'environnement et des communications de M. Leuenberger. La Commission fédérale de recours en matière d'infrastructures et d'environnement (CRINEN) qui comprenait au début 3 juges puis 5, a finalement rendu son verdict le 23 mars 2006 et reconnu au moins partiellement la justification des plaintes des riverains. Elle impose à l'AIG de fournir un rapport dans un délai de 12 mois à l'usage de l'OFAC, qui devra statuer, sur l'incidence d'un plafonnement des vols nocturnes, l'extension du couvre feu nocturne et les conséquences socio-économiques de ces mesures. En un mot, est-ce que les nuisances nocturnes du trafic aérien à Genève sont justifiées économiquement? La CRINEN impose encore à l'AIG dans un délai de 4 ans d'adresser un rapport à l'OFAC pour réexaminer la faisabilité d'une approche par le milieu du petit lac par vent de Sud-Ouest à la place de l'approche actuelle. Cette approche dite segmentée serait déjà réalisable maintenant, mais encore plus facilement dans les prochaines années avec la modernisation de toutes les infrastructures aéronautiques européennes, avec à la clé uneamélioration considérable de la sécurité aérienne. D'où le délai de 4 ans accordé à l'AIG. Il y a donc espoir pour les Genevois, Vaudois et Haut-Savoyards que le choses changent et s'améliorent enfin.Mais ce n'est pas fini et notre lutte contre le bruit, ce fléau des temps modernes, n'est de loin pas terminée. Il reste sur terre, air et eau une multitude de moteurs archaïques dont le bruit dépasse l'entendement et qui devraient être interdits. Réagissez! Adhérez à nos différentes associations de riverains.